Brodeau

Brodeau

par Jacques René

 

On peut voir dans ce nom de Brodeau « Bord-d’eau », mais il est plus probable que l’origine soit Bordel ou Bordeau, diminutif de Borde, voisin de Borderie, Bordage, dont le sens est closerie. Dans le texte d’un procès de 1781, son nom est Bordeau.

 

C’est une ferme, dont les bâtiments d’exploitation sont situés au bord même de la Boire du Moulin, en face de Châteaupanne. Avant 1789, Brodeau faisait partie de la mense de l’évêché d’Angers.

Les Plumejeau et Bastard en furent les tenanciers pendant tout le XVIII°s et même une partie du XVII°s. Ils n’en sortirent qu’en 1785. Sur les reçus de fermage, il y avait la mention « Dont quittance sans préjudice de la solidité ». La solidité était la solidarité entre les cofrescheurs ou fermiers du même domaine. L’évêché imposait à ses fermiers le régime de la fresche, mode de fermage imposé abusivement, qui établissait leur responsabilité collective.

Ensuite, en juin 1814, y figure Thuleau Urbain, cultivateur.

 

Mathurin Bastard, fermier à Brodeau, fait son testament le 30aoùt 1754 avec Leduc, notaire royal à Chalonnes. On y lit :

« Premier, veut et ordonne ycelui Bastard, testateur, que vingt quatre heures après son décès, son corps soit inhumé dans le cimetière de la paroisse où il décèdera, et que chacun des jours de sa sépulture du sesme (service des morts) et du bout de l’an, cy faire se fait, sinon le lendemain des dits jours, il soit dit et célébré à son intention pour le repos de son âme, un service solennel de trois grandes messes chantées ».

 

Ce lieu était désigné autrefois (jusqu’en 1683) comme un « Ancien petit îlot de Loire, avec logis, réuni à la Basse Ile. Dépendant de la Baronnie de Chalonnes, il fut vendu le 22 février 1791 ».

D’près un document d’arpentage de 1668, Brodeau était une Prise à rente qui existait depuis le XI°s. Ce document fut établi en vue d’un procès qui opposait les îliens aux évêques, ces derniers étant accusés de s’être approprié Brodeau sans raison.

En étaient propriétaires à cette époque, rené Jubin, sieur de la Plante, Jubin son frère et Michel Vacher.

 

« C’est une maison très ancienne où l’on peut voir encore les restes d’une grange ancienne qui était de grand volume et de grande hauteur, bâtie en général en charpente, reposant sur un plancher suspendu sur des piles de schistes rondes, rejetée à l’extérieur du tertre de l’habitation, permettant un gain de place appréciable sur les tertres.

L’ensemble de Brodeau, accroché à la route sur l’île, présente une orientation parallèle au fleuve et une petite rue intérieure surélevée, perpendiculaire à la levée, permettant une certaine autonomie aux habitants en cas de crue. » (Pascal Filatre, architecte).

 

 

.Il y avait des domestiques à Brodeau, on découvre leur mode de rémunération dans ce texte : « Le 16 août 1745, François Plumejeau de Brodeau déclare qu’il est dû à Mathurin Gerfault, domestique, la somme de quarante six livres en argent et sept aulnes de toile meslice (toile mélangée, grosse étoffe de laine rousse) estimées neuf livres pour services domestiques échoués (échus) à la saint Jean Baptiste dernière, plus à Jeanne Piton, veuve Plumejeau, seize livres dix sols, tant en argent que pour toile, pour six mois de services domestiques, plus quatre livres dix sols à Marie Rochard fille, pour deux mois de services domestiques ».

Brodeau 82 b