Pirogue de Loire

Par Alain Barcat

 
Pirogue recadree 1

 

Découverte le 10 Avril 2014 à Brodeau sur les bords de l'île de Chalonnes. Dégagées d'un fond de Loire par la crue de Février, les pièces, trop lourdes pour flotter, ont été remontées par le courant jusqu'au sommet d'un épi où elles sont apparues à la décrue.
L'ensemble se compose d'un fond complet en deux morceaux inégaux déposés l'un à côté de l'autre, ce qui laisse supposer un gisement très proche. Taillé à l'origine d'une seule pièce dans le tronc d'un chêne, ce fond de pirogue porte encore sur le côté droit les restes du bordé sans assemblage qui témoigne d'une fabrication monoxyle (par simple enlèvement à l'herminette du bois superflu).
D'une longueur de 4 m 77 pour 65 cm de large, il est percé de cinq doubles rangées transversales de trous de chevilles largement ovalisés par le temps et probablement dus à des membrures de consolidation d'un bateau fatigué, car beaucoup d'épaves de ce type n'en montrent pas et ce fond présente une usure extrême, principalement à l'avant. Le bois, plus dense que l'eau, est très noir, déminéralisé, assez mou dans l'eau et donc très fragile. En cours de séchage au soleil depuis plusieurs jours, il avait commencé à se raidir, ce qui, loin de le consolider, aurait entraîné à terme la dissociation des fibres et la désagrégation de l'ensemble. Les pièces ont donc été réimmergées en faible profondeur avant une première étude préventive (relevés et photographies de détail) le 25 Avril par Philippe Cayla, géographe, Président de PCL et ancien Président fondateur de l'Ecomusée de Montjean et Alain Barcat, ancien membre de cet Ecomusée, qui les a découvertes près de sa maison à Brodeau.
Le Service Régional d'Archéologie est passé le 15 Mai, pour prendre l'épave en charge le 17 Juin. Elle se trouve actuellement à Nantes. Aux dernières nouvelles, ont été faits une photogrammétrie (restitution virtuelle en 3 dimensions à partir de photographies), ainsi qu'un prélèvement d'échantillon, en vue d'une datation au carbone 14.
En attendant cette datation, il est très difficile d'évaluer l'âge de cette épave, l'origine des pirogues monoxyles remontant à la préhistoire. Quant à la technique des membrures chevillées, elle existait au moins depuis l'époque gallo-romaine. On a trouvé cependant quelques bateaux monoxyles relativement récents.
Ce type de pirogue a fait l'objet entre autres d'une étude très détaillée de François Beaudouin dans Les anciens bateaux de la Loire, édité par les Cahiers du Musée de la Batellerie de Conflans Ste honorine.

 

Position a la decouverte 1
Releve
Fb p31 r
Maquette r

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